A propos de la célébration du « Mawlid ».

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A propos de la célébration du « Mawlid ».

مُساهمة من طرف Admin في الخميس ديسمبر 08, 2016 11:49 am


Les différentes opinions des musulmans à propos de la célébration du Mawlid:

Chers frères, il y a un grand débat concernant la célébration du Mawlid. Certains considèrent cette cérémonie comme une pure invention, que toute invention est un égarement et que tout égarement mène à l’Enfer. Ceux-ci établissent un rapport de cause à effet entre cette célébration et l’Enfer. Par contre, d’autres considèrent que la célébration du Mawlid est obligatoire, étant, selon eux, une adoration. Ces points de vue sont tous les deux faux car le plus vrai c’est le juste milieu.
Preuves du Coran soulignant la célébration du mawlid:

Le premier verset:

D’abord, Allah, exalté soit-il, dit:
« Et tout ce que Nous te racontons des récits des messagers c’est pour raffermir ton cœur. »

( Sourate Houd)

Il s’agit bel et bien du Saint Coran. Si le cœur du maitre des créatures, le bien-aimé d’Allah, le meilleur des descendants d’Adam, celui par la vie duquel Dieu a juré, si le cœur du prophète acquiert plus de fermeté, de foi et d’ardeur en écoutant les récits d’un autre prophète, qu’en sera-t-il de nous si nous écouterons la biographie du maitre des prophètes et des messagers, le meilleur de toute la progéniture d’Adam ? Quel sera notre état si nous lirions à propos de ses vertus et de ses mœurs, sa grâce, sa sagesse, son savoir et sa modestie?
La première preuve du saint Coran c’est que la connaissance des biographies des prophètes est susceptible de donner plus de certitude à la foi du croyant car les valeurs morales n’ont de valeur que si elles étaient incarnées par des personnes. L’idéalisme sans exemple concret ne vaut rien. Les principes moraux s’ils restent sous la forme abstraite d’idées ne valent rien non plus. Mais lorsque ces idées morales sont incarnées par un être actif, qui est sincère et honnête, qui a de la pudeur, qui est loyal et généreux, on est ému. Ainsi,
« Et tout ce que Nous te racontons des récits des messagers c’est pour raffermir ton cœur. »

(Sourate Houd)

Le deuxième verset:

Allah, glorifié soit-il, nous invite à bien connaitre son prophète. On peut même dire que la connaissance du prophète est une partie de la religion parce que le premier mot de l’islam c’est: « Il n’y a de dieu qu’Allah, Mohammed est le messager d’Allah. »:
« Ou bien n’ont-ils pas connu leur prophète ? »

(Sourate Al- Mo’minoun)

Le troisième verset:

« Dis: Je vous exhorte seulement à une chose: que pour Allah vous vous leviez, par deux ou isolément et qu’ensuite vous méditiez. Votre compagnon n’est nullement possédé»

(Sourate Saba)

On peut donc déduire de ce verset que se réunir deux par deux ou individuellement et discuter ce message transmis par le prophète, son mode de vie, ses mœurs, sa sagesse, tout cela fait partie de notre religion. C’est même un ordre divin et tout ordre divin figurant dans le coran est une obligation.
Signification du verset: « Dieu ne les châtierait pas tant que tu es parmi eux. »:

Chers frères, je me trouve obligé de faire le rapport entre la situation que vit le monde islamique qui ne peut satisfaire un ami mais plutôt réjouir l’ennemi, ceci d’une part, et d’autre part, notre abandon de la méthode du messager d’Allah. Mais comment ?
Allah, exalté soit-il, dit:
« Dieu ne les châtierait pas tant que tu es parmi eux. »

« Tu es parmi eux »

Autrement dit, du vivant du prophète, le sens est clair. Mais pour comprendre le sens de cette phrase:
« tu es parmi eux »

Après la mort du prophète, cela exige une méditation.
Les spécialistes de l’exégèse l’ont expliquée comme suit: tant que la tradition du prophète(BPSl) et sa méthode sont pratiquées dans notre vie: dans nos mariages, l’éducation de nos enfants, nos sources d’argent, la dépense de notre argent, nos fêtes, nos deuils, bref dans toutes nos activités, si la méthode instituée par le prophète est respectée, nous serons à l’abri du châtiment d’Allah. Mais si les musulmans sont chaque jour torturés, chaque jour tués, chaque jour déshonorés, si les armées venant de tous les coins du monde envahissent nos terres, d’ailleurs n’est-ce pas que cinq ou six pays musulmans sont colonisés ?si c’est notre situation, nous devons comprendre que c’est parce que nous n’appliquons pas la méthode du messager d’Allah.
Comment célébrer le Mawlid ?

On arrive à deux points importants: il y a une célébration folklorique à laquelle les musulmans ont été longtemps habitués, on récite des discours qui célèbrent le prophète, on fait des décorations, mais notre vie reste totalement opposée à sa méthode. Prenons l’exemple d’un père qui est un érudit, auteur de plusieurs ouvrages, mais dont le fils, qui est analphabète, ne peut écrire ni lire. Ce fils aurait beau louer son père, il restera ignorant et le père savant. L’éloge ne sert à rien. Je vous avouerais amicalement cette vérité: nous aurions beau louer le prophète, nous aurions beau le bénir, si nous ne respecterons pas sa méthode, toute célébration se réduirait à une cérémonie folklorique qui s’ajouterait à notre patrimoine, à nos traditions et à nos coutumes. Mais si nous nous étions consacrés à la tradition du prophète en apprenant comment il avait traité son épouse, ses enfants, ses voisins, comment il était patient, comment il était tendre, comment il était sincère, comment il était fidèle, comment il était modeste, cela va nous être utile. La véritable célébration du Mawlid exige l’imitation du prophète.
Chers frères, excusez-moi si j’étais quelque part cruel concernant ce sujet. Mais il ne sied pas du tout au statut du prophète (PBSL) de l’évoquer une fois par an. Qu’à Dieu ne plaise !!! Il faut que sa tradition soit respectée dans tout ce qui concerne notre vie quotidienne. Est-il raisonnable de ne l’évoquer qu’une fois par an ?
Le statut du prophète vaut qu’on l’évoque plutôt chaque jour. C’est pourquoi la connaissance du prophète est une partie intégrante de la religion parce que la deuxième partie de la profession de foi de l’Islam est « Mohammed est le messager d’Allah », parce que Dieu, exalté soit-il, dit:
« Ou bien n’ont-ils pas connu leur prophète ? »

(Sourate Al- Mo’minoun)

Et parce qu’Il dit aussi:
« Dis: Je vous exhorte seulement à une chose: que pour Allah vous vous leviez, par deux ou isolément et qu’ensuite vous méditiez. Votre compagnon n’est nullement possédé»

(Sourate Saba)

La connaissance de la biographie du prophète est une partie de la religion:

Chers frères, si en évoquant les gens de bien, la grâce descend du ciel, qu’en serait-il de l’évocation du maitre des messagers ? Mais en évoquant les méchants, la sérénité des réunions se trouve altérée. Aussi Abu Hurayra rapporte-il que le prophète (pbsl) a dit:
« tout groupe de personnes mettant fin à une réunion sans qu’Allah y soit évoqué, se lèvent comme si elles étaient rassemblées autour d’une charogne d’âne et n’en gagnent que des remords. »

(D’après Abu Daoud)

De plus, Abu Hurayra a raconté que le prophète (pbsl) a dit:
« A chaque fois qu’un groupe de personnes sont rassemblées dans l’une des demeures d’Allah (les mosquées) pour y lire le Livre d’Allah ( le coran) et le discuter, la sérénité leur est envoyée du ciel, la grâce divine les enveloppe, les anges les entourent et Allah les évoque devant ces derniers. »

(D’après Abu Daoud)

La preuve qu’il faut connaitre la biographie du prophète:

Donc: faire la connaissance du prophète est une partie essentielle de la religion, lire sa tradition verbale fait partie de la religion. La connaissance de la tradition verbale du prophète est une obligation pour tout musulman. Demandez-moi la preuve car sans la preuve on pourrait tout prétendre. Mais heureusement, personne ne pourrait juger d’après son point de vue.
Première règle:

Tout ordre figurant dans le saint coran relève de l’obligation tant qu’il n’y a pas d’argument qui dit le contraire:
« Que croit quiconque le veut et que mécroie quiconque le veut »

(Sourate Al Kahf)

Cet ordre relève de la menace: ce n’est pas un ordre d’obligation.
« Mangez et buvez jusqu’à ce que vous distinguiez le fil blanc de l’aube du fil noir de la nuit. »

(Sourate Al Baquara)

Cet ordre relève de l’autorisation.
« Mariez les célibataires d’entre vous »

(Sourate Nour)

Cet ordre relève du souhaitable.
On en déduit donc que tant qu’il n’y a pas d’argument qui remettrait l’obligation en question, tout ordre figurant dans le saint coran est obligatoire. Ceci est une règle fondamentale.
Lisons maintenant ce verset:
« Ce que le prophète vous donne prenez-le et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en »

(Sourate Al Hachr)

C’est un ordre divin.
Deuxième règle:

Nous avons une autre règle: tout ce qui est nécessaire à l’obligation est une obligation et tout ce qui est nécessaire à la tradition est une tradition à respecter. C’est le cas des ablutions qui sont nécessaires à la prière: puisque la prière est obligatoire, les ablutions sont aussi obligatoires. Retenons donc cette règle: tout ce qui est nécessaire à une obligation est une obligation et tout ce qui est nécessaire à la tradition est une tradition.
Alors si Dieu, glorifié soit-il, dit:
« Ce que le prophète vous donne prenez-le et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en »

(Sourate Al Hachr),

Cet ordre est une obligation pour chaque musulman. Précisons que c’est un ordre qui implique un autre ordre. Lequel ? C’est de savoir ce que le prophète a ordonné et ce qu’il a interdit. Car de même que l’exécution de cet ordre est obligatoire, de même que la connaissance de ce que le prophète a ordonné et ce qu’il a interdit est obligatoire.
Par suite à cela, la connaissance de la tradition verbale du prophète est obligatoire pour chaque musulman. En effet, tout comme il est nécessaire de faire la prière, il est nécessaire de connaitre la biographie du prophète et sa tradition. D’ailleurs, Malek Ibn Anas a raconté que le prophète (PBSL) avait dit:
« Je vous ai laissé deux choses grâce auxquelles vous ne serez jamais perdus si vous vous y attachez: le livre d’Allah (le coran) et la tradition de son prophète. »

(Rapporté par Malek dans son Muwattae)

Chers frères, se rassembler donc dans la mosquée ou se réunir en famille pour écouter l’un d’entre nous nous parler du prophète, de ses vertus, ses bonnes manières, son amour de son Ummah, sa dévotion, sa connaissance de son Maitre, sa patience, sa lutte, sa sagesse, ceci est une obligation pour chaque musulman, non pas un jour par an mais plutôt tous les jours de l’an. C’est donc une obligation pour chaque musulman de connaitre la tradition verbale du prophète.
Chaque musulman doit avoir une référence de biographie et de hadith:

L’ordre divin exige que chacun d’entre nous ait un livre ou un CD contenant des hadiths authentiques. Bref, dans chaque maison il faut y avoir une référence de hadiths du prophète.
Lorsque Allah, exalté soit-il, dit:
« Vous aviez en la personne du prophète un bon exemple pour celui qui espère en Allah et en le jour dernier et qui souvent évoque Allah. »

(Sourate Al Ahzab)

Comment le prophète serait-il un bon modèle pour nous si on ne savait rien sur sa vie ? Il faut donc un livre biographique dans chaque maison. Mais malheureusement, quand l’homme a acheté tous ces appareils et que les yeux y restent attachés, le rôle du père a été anéanti, ainsi que celui de la mère et de la famille, plus de conseils échangés, plus d’orientation.
Il y a un grand problème: existe-t-il un père qui, en fin de journée s’assoit avec ses enfants et demande: mon fils, qu’est-ce que tu as appris à l’école ? qu’est-ce que le professeur vous a-t-il dit ? Vous a-t-il parlé de cet événement ? Qu’est-ce que vous connaissez à propos du prophète ? C’est notre cher prophète.
« Ou bien n’ont-ils pas connu leur prophète ? »

(Sourate Al- Mu’minoun)

Maintenant récapitulons: connaitre la tradition verbale du prophète est une obligation pour chaque musulman car l’ordre divin impliquant l’obligation:
« Ce que le prophète vous donne prenez-le et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en »

(Sourate Al Hachr)

N’est réalisable que si on connaissait ce que le prophète a permis et ce qu’il a interdit, et parce que le saint coran dit:
« Vous aviez en la personne du prophète un bon exemple pour celui qui espère en Allah et en le jour dernier et qui souvent évoque Allah. »

(Sourate Al Ahzab)

Comment le prophète serait-il un bon modèle pour nous si on ignorait tout sur sa vie ? Nous devons donc nous consacrer à la lecture de sa tradition, qu’il s’agisse de ses hadiths ou de ses actes pour que l’on puisse concrétiser ces deux versets:
D’abord:
« Ce que vous donne le prophète prenez-le et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en »

(Sourate Al Hachr)

Puis:
« Vous aviez en la personne du prophète un bon exemple pour celui qui espère en Allah et en le jour dernier et qui souvent évoque Allah. »

(Sourate Al Ahzab)

Ceci tout au cours de l’année et non pas un jour par an, plutôt chaque jour. Ces propos sont authentiques et bien-fondés, c’est-à- dire que cela a été étayé par des arguments puisés dans le saint coran et par des hadiths.
La célébration du Mawlid n’est pas une adoration:

Si quelqu’un ose prétendre que la célébration du Mawlid est une adoration, je répondrai que ceci n’est qu’une invention mensongère qui n’a rien à avoir avec notre religion. La célébration du mawlid c’est plutôt orienter les gens vers la voie d’Allah et les rapprocher de la personne du prophète (PBSL) en tant que concrétisation de la profession de foi islamique: « il n’y a d’autre dieu qu’Allah, Mohammed est le messager d’Allah» et des deux versets:
« Ou bien n’ont-ils pas connu leur prophète ? »

(Sourate Al- Mu’minoun)

Et
« Dis: Je vous exhorte seulement à une chose: que pour Allah vous vous leviez, par deux ou isolément et qu’ensuite vous méditiez. Votre compagnon n’est nullement possédé»

(Sourate Saba)

Mais prétendre que la célébration du mawlid est une adoration, ceci n’est point du tout vrai. Ce n’est pas une adoration car les adorations sont à l’origine basées sur l’interdiction. Or tout est censé être permis à l’origine et rien n’est interdit que s’il y a un argument catégorique et constant.
Se réunir à la mosquée ou en famille pour parler du prophète, de son message, de ses bonnes manières, ses vertus, ses particularités, sa peine à cause de l’état de son Ummah après sa mort, tout cela comble notre cœur de foi et rend notre âme plus sereine.
Chers frères, le prophète (pbsl) est parfait dans tout ce qu’il dit et ce qu’il fait: il ne peut commettre aucune erreur dans ses dires, ses actes et ses déclarations mais pour une raison profonde, Dieu n’a laissé à son prophète qu’une petite marge de créativité.
Cette marge de liberté a pour but de souligner la différence entre le statut absolu de divinité et le statut du prophète. Cette marge de créativité si elle est juste, la révélation confirme sa justesse, sinon, la révélation la rectifie. Finalement le prophète ne parle pas comme bon lui semble, c’est une révélation qui lui a été transmise.
Le prophète est un être parfait, on doit absolument l’imiter:

Précisons davantage cette vérité: le prophète (pbsl) est parfait à lui seul tandis que son ummah est parfaite dans sa totalité, en témoigne cette déclaration du prophète (pbsl):
« Mon ummah ne peut jamais s’accorder sur une erreur. »

(Rapporté par Ibn Baja d’après Anas)

Ainsi tout livre, tout discours et toute recherche qui auraient contredit le coran et la tradition du prophète suscitent une réaction dépréciative dans le monde islamique. Pour cela, si on a écrit un ouvrage et qu’il a été bien reçu par le public, cela est considéré par les spécialistes des sources un accord unanime tacite ; car le silence du public montre que le livre est conforme au coran et à la tradition du prophète, c’est un accord unanime mais implicite.
Retenons donc que le prophète est à lui seul parfait alors que son Ummah n’atteint la perfection qu’en tant que communauté unie.
Les trois personnalités et les souhaits qui y correspondent:

Chers frères, chacun d’entre nous possède cette particularité: chacun de nous a une certaine personnalité, une personnalité qu’il ne voudrait jamais incarner et une autre qu’il aimerait bien être. Dites-moi donc qui voulez-vous être, je vous dirai qui vous êtes.
En effet les passionnés de la vie matérielle souhaitent être comme les riches, les passionnés du pouvoir souhaitent être comme les puissants et les passionnés des vils plaisirs souhaitent en être débordés. Les passionnés de la foi, quant à eux, souhaitent être conformes à la méthode du prophète.
« Vous aviez en la personne du prophète un bon exemple pour celui qui espère en Allah et en le jour dernier et qui souvent évoque Allah. »

(Sourate Al Ahzab)

Un vrai croyant doit avoir comme modèle le prophète et les hommes vertueux:

Quand on espère en Allah et en le jour dernier, notre modèle est le prophète (pbsl).
Lors d’un voyage à un pays lointain, on m’a demandé de rencontrer une femme complètement voilée. On a évoqué son nom mais je n’en avais aucune idée, il s’est avéré qu’elle était l’une des plus célèbres artistes en Egypte, qui porte le voile après s’être repentie. Elle a raconté son histoire dans une conférence qu’elle a présentée devant des femmes dans le cadre d’un congrès islamique. J’ai écouté l’enregistrement audio de cette conférence. Ce qui a attiré mon attention, c’est que quand elle partait pour faire la Omrah, elle était accueillie par des personnes influentes, elle était reçue dans les hôtels les plus luxueux et on dépensait des milliers et des milliers pour son bien-être. Mais après sa pénitence, elle s’était mariée avec un ingénieur pauvre grâce auquel elle s’était repentie. Ils partirent passer leur lune de miel à la Omrah. Elle se trouva dans une petite chambre dont le coût était très modeste. Elle en avait énormément souffert et avait même failli avoir des regrets. « Mais qu’est-ce que j’ai fait de moi-même ? demanda-t-elle. J’étais une célébrité alors que je me trouve maintenant dans cette chambre misérable. » Elle alla ensuite à la Mosquée Sacrée (la Demeure Sacrée d’Allah), elle prosterna et pria. Je vous rapporte ce qu’elle a dit à la lettre: « O Allah, envoie- moi un indice. Qu’est-ce que j’ai fait de moi-même ? » A son retour à l’hôtel, elle trouva effectivement une lettre. Après l’avoir lue, elle pleura. La lettre dit: lorsque tu étais une grande artiste, les gens de l’art étaient un modèle pour toi, mais maintenant que tu es une grande croyante, ton modèle c’est le prophète (pbsl). Elle pleura et accepta son mari car ce fut un homme qui l’avait honorée.
Quand on est un croyant, on a un système de valeurs particulier. Quand on est un croyant, notre modèle c’est Abou Bakr Siddik, Omar, Ali, Othmane.
Un jour, Omar ibn Al Khattab est entré chez le prophète qui était allongé sur un tapis qui a laissé une trace sur sa joue. Omar en a pleuré. « Pourquoi pleures-tu ? » demanda le prophète. « Chosroês dort sur de la soie alors que le messager d’Allah dort sur un tapis ?! » s’exclama Omar. Aussi le prophète répondit-il: « Omar, c’est une prophétie et non pas une royauté. Je ne suis pas un roi. Doutes-tu de cela? »
Je dis franchement que si on est un vrai croyant, notre modèle doit être les prophètes, les dignes compagnons, les honnêtes savants, les gens qui n’ont pas de convoitise pour le monde matériel, les héros, les tendres, les justes, les vertueux, ce sont-là des modèles pour nous. Mais si on enviait les riches même s’ils sont malhonnêtes, ou les puissants même s’ils sont meurtriers, on doit savoir qu’on est aux antipodes de la véritable foi.
Admirez-vous celui qui préside un pays lointain et qui dit: nous sommes venus pour réaliser la démocratie, alors qu’il a utilisé 100 tonnes d’uranium fertilisé dont la terre en Irak ne peut jamais être purifiée ? Admirez-vous celui-là ? Si tu es un vrai croyant, les honnêtes doivent être un modèle pour toi, les compagnons du prophète, ces dévots tendres vertueux, sincères et loyaux, ce sont-là tes modèles.
Méditons ce verset:
« Vous aviez en la personne du prophète un bon exemple pour celui qui espère en Allah et en le jour dernier et qui souvent évoque Allah. »

(Sourate Al Ahzab)

Ma foi, j’ai visité un ami qui habitait dans une très petite maison. Au milieu du salon, il y avait une table avec des chaises. Entre la chaise et la chaise d’en face il y avait un très petit espace pour un seul pied. On ne peut s’asseoir que très difficilement. Mon hôte était très embarrassé. Non, non, il ne faut pas en avoir honte, dis-je, car le meilleur des créatures, notre bien-aimé, avait une chambre à coucher où il n’y avait pas suffisamment d’espace pour qu’il puisse prier et que son épouse dorme, il fallait qu’elle change de position pour qu’il puisse faire la prière, lui le meilleur de toutes les créatures. L’homme pleura.
Un autre, à cause d’une erreur dont il était innocent, a accepté une attestation de vie alors que cette dernière était falsifiée, puis ceci s’est transformé en une expulsion d’une construction qui a coûté des millions. Il a été mis en prison de manière provisoire comme précaution. Quand je l’ai visité, il a pleuré. « Ne pleure pas, lui ai-je dis, Dieu a mis un prophète en prison pour toi. » il se peut donc qu’un croyant tout-à-fait innocent entre en prison pour une raison profonde. Dieu a fait qu’un prophète, Joseph, entre en prison alors que c’est un prophète.
Lorsqu’on est donc un bon croyant, notre modèle doit être les bienfaisants et les gens de la foi même s’ils sont pauvres, mais si on était un passionné de la vie matérielle, le modèle ce sont les forts et les riches.
Pour cela, répondre à l’appel des riches et des fortes relève d’un souci pour le monde d’ici-bas, mais répondre à l’appel des pauvres relève d’un souci pour l’autre vie.
Chers frères, il faut être tout-à-fait clair concernant la personnalité dont on veut imiter le mode de vie. Tant que le prophète n’est pas cette personnalité dont tu voudrais respecter la méthode, sois sûr qu’il y a quelque déséquilibre dans ta foi.
« Ceux qui voulaient le monde d’ici-bas ont dit: que nous n’ayons comme ce qui a été donné à Coré. Il a été doté, certes, d’une immense fortune. »

(Sourate Al Qassas)

« Tandis que ceux auxquels le savoir a été donné ont dit: Malheur à vous ! La récompense d’Allah pour celui qui croit et qui fait le bien est meilleure.»

(Sourate Al Qassas)

Si tu es un croyant sincère, ton modèle doit être les gens de la foi, ton modèle doit être les savants honnêtes, fidèles et vertueux, ton modèle sont les prophètes. Ce sont ta force. Mais lorsque tu imites les passionnés de la vie matérielle, tu es l’un d’eux. De plus, celui qui admire les incrédules est ressuscité avec eux et rien de tout ce qu’il a fait ne lui profite. Celui qui a approuvé un péché sans même y avoir assisté en est responsable comme qui aurait assisté. Celui qui a dénoncé un péché auquel il avait assisté en est innocent comme qui n’y aurait pas assisté. Ceci est très dangereux: la véritable loyauté et la véritable obéissance, c’est de s’allier aux croyants même s’ils sont pauvres et faibles et de renoncer aux incrédules même s’ils sont forts et riches. Ne sois pas l’ami de quelqu’un qui ne voit que son propre intérêt, ne prends pour ami qu’un croyant. Seul un dévot doit manger de ton bien. Sois avec les croyants:
« O vous qui croyez, craignez Dieu et soyez avec les sincères. »

(Sourate At-Tawbah)

« Fais preuve de patience (en restant) avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir en espérant en lui et que tes yeux ne se détachent point d’eux en cherchant l’apparat de la vie présente et n’obéis pas celui dont nous avons détourné le cœur de notre évocation, qui a suivi sa passion et qui a sombré dans la démesure. »

(Sourate Al Kahf)

Une vérité importante: « Grace à quelle miséricorde provenant de Dieu...

Chers frères, je vais conclure par cette vérité: Dieu, exalté soit-il, dit:
« Grâce à quelle miséricorde provenant de Dieu, tu as été si tendre envers eux. »

(Sourate Al Imrane)

C’est-à-dire que Dieu lui a donné le Coran, la Révélation, les miracles, l’intelligence, l’éloquence, la descendance honorable, les bonnes mœurs, et malgré tout cela, iI lui dit: toi-même, Mohammed, même si tu es un prophète voire le maitre des prophètes, même si tu es messager voire le maitre des messagers, même si on t’a révélé le coran, ce qui est un grand honneur, même si on t’a fait une révélation, même si tu as eu la beauté, même si tu a été doté d’une intelligence aigue, d’une sagesse et d’une précision du discours: toi-même, malgré toutes ces qualités:
« Et si tu étais rude au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage »

(Sourate Al Imrane)

Mais lorsqu’une personne n’est pas un prophète ni un messager, elle n’a reçu aucune révélation, n’a pas eu le coran comme miracle, n’a pas d’éloquence ni de beauté, qui est impolie, qui tient de cruels propos, stupide curieuse, ceci n’est pas raisonnable, car Dieu s’adresse ainsi à son prophète:
« Et si tu étais rude au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage, pardonne-leur donc »

(Sourate Al Imrane)

Une loi générale concernant les relations:

1. Préambule: attachement (par la foi) → miséricorde →tendresse → attraction

2. Préambule: rupture →cruauté → rudesse→ dispersion.

Dieu, glorifié soit-il, nous a donné une loi: attachement (par la foi), miséricorde, tendresse, attraction.
C’est une équation mathématique: « Grace à quelle miséricorde provenant de Dieu, tu as été si tendre envers eux.»

(Sourate Al Imrane)

Ils se sont donc rassemblés autour de toi, mais si tu t’étais éloigné d’eux, ton cœur aurait été plein de cruauté qui se serait transformé en rudesse et donc se seraient enfuis de ton entourage, ceci est une équation mathématique, mais si tu restes attaché, ton cœur est plein de tendresse, tu deviens doux grâce à la miséricorde divine et les gens se rassemblent autour de toi. Répétons-le encore une fois: si tu t’éloignes, ton cœur devient cruel, cette cruauté se transforme en rudesse et les gens se dispersent:
« Et si tu étais rude au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage, pardonne-leur donc et invoque-leur le pardon d’Allah et consulte-les dans les affaires.»

(Sourate Al Imrane)

Les objets, les personnes et les principes:

Chers frères, faisons maintenant un commentaire intéressant: nous avons des objets: des maisons très luxueuses, des voitures de marque, de très belles fermes, de très grandes fortunes, ce sont là des objets. Nous avons aussi des personnes:
« Dis-leur: si vos pères, vos enfants, vos frères, vos époux et épouses, et votre tribu étaient »

(Sourate At Tawbah)

Ce sont-là les personnes. Et les objets sont:
« et des fortunes que vous avez acquises, un commerce que vous craignez perdre et des demeures que vous appréciez »

(Sourate At Tawbah)

Maintenant voici les principes:
« étaient plus aimables pour vous qu’Allah, son prophète et une lutte au nom d’Allah, gardez-vous «

(Sourate At Tawbah)

Si les objets et les personnes étaient au service des principes nous serons dans un état sublime.
Le roi des Ghassassina, Jibilah Ibn Al Ayham, a visité Omar Ibn Al Khattab lors de son tawaf (circumambulation) autour de la Kaâba, un paysan de Fazara foula l’extrémité de son burnous ce qui dévoila son épaule. Le roi se retourna brusquement vers le paysan et d’un coup violent, lui brisa le nez. Le paysan violenté recourut à Omar pour porter plainte. Omar convoqua le roi, se mit face à lui et lui demanda: ce paysan blessé, dit-il la vérité ?
« Je ne suis pas de ceux qui nient ce qu’ils ont fait. J’ai corrigé ce garçon ; je me suis rendu justice de mes propres mains », répondit le roi. – réhabilite le garçon, ordonna Omar, tu dois le dédommager, tes ongles sont encore souillés par son sang sinon il doit briser ton nez. Tel préjudice, tel châtiment. » C’était l’ère des principes. Le roi Jibilah était choqué: comment cela se peut-il ? demanda-t-il furieusement. C’est un homme de la plèbe, alors que j’ai un trône et une couronne ; comment voulez-vous que l’étoile s’écroule par terre ?
Omar répondit aussitôt: « les caprices de l’époque préislamique et les vents de l’orgueil nous les avons enterrés, nous avons construit dessus un nouvel édifice. Les personnes chez nous sont désormais égales qu’elles soient libres ou esclaves.»
- « Je croyais que j’étais pour toi plus fort et plus noble, mais ce n’était qu’une illusion. Mais si tu m’y obliges, je renonce à votre religion », dit le roi.
- « Dans le monde que nous bâtissons, toute faille est réparée, et le plus fier des hommes est égal à un esclave ou à un roturier. » répondit Omar.
C’est l’époque des principes. Il y avait des époques où ce sont les personnes qui sont sacrées: Hitler a causé la mort de cinquante millions personnes en Allemagne. Les tyrans qui ont régné sue terre ont manipulé l’Histoire. Toute la nation vit pour un individu, c’est une ère particulière où les choses et les principes sont au service des personnes.
La différence entre servir les principes et servir les personnes:

Premier cas: quand les personnes et les choses sont au service du principe, c’est la plus noble de toutes les ères. Mais si les choses et les principes étaient au service des personnes, cela est une anomalie grave, encore plus grave quand les personnes et les principes sont au service des choses. Autrement dit lorsque notre valeur dépend de la superficie de votre maison ou bien de l’endroit où elle est située. Il y a des maisons qui coûtent cent et dix millions.
Un homme se présentant pour demander la main d’une fille a été interrogé: où est-ce que vous allez habiter ? Le prétendant répond: au quartier Al Maliki. L’affaire était close, la famille a accepté sa demande. Plus de questions, plus d’interrogatoire, plus d’enquête. C’était décidé car la maison à Al Maliki vaut cent millions. Après qu’on a signé l’acte, et qu’on a commencé les démarches pratiques, on a découvert qu’il y avait un boulevard appelé Al Maliki dans la région campagnarde de Babella. Nous avons un choix à faire: d’être dans une ère qui sacralise les principes comme celle d’Omar, dans une ère qui vénère les personnes ou une ère où l’on est esclave deschoses. Actuellement, la valeur de l’individu dépend de la valeur de son costume: s’il était de chez Pierre Cardin, alors la personne est digne de respect. Si les chaussures étaient de chez Red Shoes, le costume de chez Pierre Cardin et la chemise en soie pure, c’est fini. Si notre Ummah se réfère à ces critères pour juger, c’est fini pour elle.
«Le jour de la Résurrection, nous ne leur accordons aucune valeur. »

(Sourate Al Kahf)

Mais que les individus soient au-dessus de tout et que les principes et les objets leur soient asservis, ceci est anormal.
Un jeune homme voulant se marier s’est présenté au père de la fille. Ce dernier, qui avait un cumul d’expériences, lui a dit: mon fils, as-tu une maison ? Le jeune homme répondit: oui, bien sûr. Le père exigea de voir le document de propriété, le lendemain, le fils l’apporta effectivement. Que fais-tu dans la vie ? demanda le père. J’ai une usine, répondit le jeune homme. Apporte- moi l’autorisation de ton usine. As-tu une voiture ? Apporte aussi le document du véhicule. Le prétendant apporta tous les documents demandés et le père accepta sur le champ. Un jour, le jeune homme visita son beau-père dans son local commercial. Ce dernier se mit à le présenter à quelques personnes, or l’une d’entre elles manifesta un grand embarras, son visage changea de couleur. Cet homme appela le beau-père et lui parla en aparté: cet homme n’est pas musulman, lui apprit-il. Tu n’es pas musulman ? demanda-t-il au prétendant. Non, répondit le jeune homme, mais vous ne m’avez jamais demandé quelle était ma religion.
Nous sommes donc dans une ère de choses: la valeur de l’individu dépend de la valeur de sa voiture, même des fois la valeur de son téléphone portable, de sa maison ou de sa montre. La valeur de l’homme dépend de l’endroit où il passe les vacances, si c’était au resort de Charm Al Sheikh, alors tout est fini. Même si c’est un endroit de débauche et de dévergondage.
J’espère que nous nous référerons aux valeurs du coran:
« Sont-ils égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. »

(Sourate Az-Zumar)

Tant qu’on n’observe pas les valeurs de la tradition du prophète, l’on ne réussira jamais. Anass ibn Malik a raconté que le prophète (pbsl) a dit:
« Combien d’ébouriffés tout en poussière, en haillons, qui sont méprisés, s’ils avaient prié Allah, Il aurait exaucé leurs vœux. »

(D’après At Tirmidhi)

Il est le messager d’Allah et le meilleur de toutes les créatures, malgré cela:

Tant qu’on ne se réfère pas aux valeurs du coran, tant qu’on ne respecte plutôt la valeur des principes non pas celle des personnes et des objets, on ne pourra jamais réussir:
Premier verset:

« Dis: je crains si je désobéis à mon dieu le châtiment d’un grand jour. »

( Al Anaam)

Existe-t-il un homme plus grand que lui ? Y a-t-il sur terre si on parcourt les cinq continents depuis Adam jusqu’au jour de la Résurrection un homme plus grand que le messager d’Allah ?
Deuxième verset:

Malgré cela, il ignore l’invisible:
« Dis: si je connaissais l’inconnaissable, j’aurais eu des biens en abondance et n’aurais pas été touché par le mal »

(Sourate Al Aaraf)

Troisième verset:

Malgré cela:
« Dis: je crains si je désobéis à mon dieu le châtiment d’un grand jour. »

( Al Anaam)

Quatrième verset:

Malgré cela:
« Je ne détiens pour vous ni profit ni dommage »

(Sourate Al Aaraf)

Cinquième verset:

Malgré cela:
« Je ne possède aucun moyen pour vous nuire ni pour vous mettre sur le droit chemin »

(Sourate Al Jinn)

Sixième verset:

Malgré cela:
« Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé »

(Sourate Al Anaam)

Le respect qu’on doit au prophète consiste en une aspiration au temps des principes, en se référant aux critères et aux valeurs du coran en félicitant un croyant vertueux et droit même s’il est pauvre et en renonçant à une personne corrompue même si elle est riche.
Le fond importe plus que les formalités et le folklore:

Chers frères: toute personne qui s’assoit auprès d’un riche et le flatte perd les deux tiers de sa religion. Demandez vos ambitions sans faiblesse, demandez ce dont vous avez besoin avec fierté car tout se passe selon ce qui a été décidé par Dieu.
Chers frères, nous devons connaitre le prophète (pbsl), il était pauvre, modeste, tendre, équitable, il aimait toutes les personnes de son entourage. Nous avons besoin de commémorer son souvenir sans tomber dans les formalités folkloriques.
Franchement si un grand savant avait deux cents ouvrages et six diplômes supérieurs, mais pendant son absence, un ouvrier analphabète le remplace, est-ce que le niveau de ce garçon va s’élever ? Jamais de la vie. Ne demande pas de bénédiction sans agir, ne te contente pas d’éloge, pratique plutôt sa tradition. Mais qu’en sera-t-il si ce garçon était en école primaire ? S’il avait suivi la voie de son professeur, s’il avait obtenu son brevet ? S’il avait un enseignement fondamental ? S’il avait obtenu son baccalauréat ? L’héroïsme c’est d’imiter le prophète et non de célébrer son anniversaire de manière folklorique. C’est ce dont on n’a jamais profité.
* Mawlid: anniversaire du prophète (psbl).

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